RésO Villes a décidé de s’engager dans la campagne des élections municipales, parce qu’il n’est pas envisageable que la politique de la ville et les quartiers prioritaires restent en marge de ce scrutin décisif pour la vie locale. L’enjeu est trop important : près de 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, vivant pour les deux tiers dans les villes et leurs banlieues proches. Dans les quartiers populaires, près de la moitié de la population subit cette précarité au quotidien.
En tant que centre de ressources, la mission de RésO Villes est aussi d’alimenter les réflexions et de faire des propositions pour améliorer l’efficacité de la politique de la ville. C’est pourquoi nous appelons les candidates et candidats à s’engager pour une politique de la ville qui sécurise les parcours de vie des habitant·es, en s’appuyant sur une série de propositions.
Une concentration de la pauvreté dans les centres urbains
Les Français sont de plus en plus pauvres, c’est le dernier rapport de l’INSEE publié le 7 juillet 2025 qui le dit avec plus de 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté (moins de 1 216 euros/mois pour l’année 2023). Les plus pauvres vivent massivement dans les villes et leurs banlieues proches (70%), là où se trouvent les emplois et les logements sociaux. C’est dans ces quartiers que se concentre la pauvreté avec près d’un·e habitant·e sur deux qui vit sous le seuil de pauvreté contre 15% pour la moyenne nationale.
Des quartiers sous investis en politique publique
La politique de la ville destinée à aider les 5,3 millions d’habitant·es des quartiers populaires, toujours centrale dans le débat médiatique, demeure pourtant toujours aussi périphérique dans la masse des politiques publiques. Le montant des dépenses spécifiques de l’État (crédits BOP 147) pour les quartiers prioritaires se réduit à 100 euros par an par habitant·e alors que dans le même temps l’État sous-investit dans les domaines de l’Éducation, de l’Intérieur et la Justice à hauteur d’un milliard d’euros (soit une perte de 180 euros par an par habitant·e).
L’accès aux droits limité
Dans les quartiers populaires, les habitant·es font face à de nombreux obstacles pour accéder à leurs droits. Le manque d’information, la complexité des démarches administratives et la raréfaction des services publics sur ces territoires ne font que nuire au libre recours aux droits. Selon le baromètre DREES de décembre 2022 et d’avril 2023, environ un tiers des personnes éligibles au RSA (35%) et à l’assurance chômage (30%) ne recourent pas à leurs droits.
Une politique publique pour lutter contre les inégalités de traitement
Créée il y a près de 50 ans, la politique de la ville est une politique de cohésion urbaine et de solidarité envers les quartiers prioritaires. Elle vise à améliorer les conditions de vie des habitant·es en mobilisant toutes les politiques publiques (éducation, emploi, santé, justice…) et à corriger les inégalités de traitement. Dans un principe d’équité, le contrat de ville constitue le cadre d’intervention pour les quartiers prioritaires. Rappelons que l’État a conçu cette politique publique en inventant des dispositifs et des modes d’action inédits mettant en avant les ressources de ces territoires autant que leurs difficultés.

