Dans la continuité de l’étude Adapt’canicules, RésO Villes s’est posé une question : dans les villes et les QPV, quelle est la capacité les espaces verts à proximité à offrir du rafraîchissement lors d’un épisode de canicule ? Dans les quartiers d’habitat collectif, l’accès en soirée à des espaces verts frais est un enjeu fort d’autant plus lorsque dans les QPV où la surroccupation des logements est plus importante qu’ailleurs.
Pour répondre à cet enjeu, nous testons Fraich’Map, un outil cartographique pour repérer proche de chez soi ou d’un QPV les espaces verts qui ont le plus fort différentiel de température avec leur environnement proche.
Découvrez l’application Fraich’Map
Méthode. Comment repérer les espaces vert les plus frais ?
Identifier les espaces verts. La solution s’appuie sur l’inventaire des espaces verts réalisé par OpenStreetMap (2026). Bien qu’elle puisse être incomplète ou ne pas avoir la même nomenclature que chacune des collectivités pour désigner ce qui relève ou non d’un espace vert, ces données ont l’avantage d’être standardisées entre les différents territoires
Mesurer le potentiel de fraicheur. A partir des images des satellites Landsat 8-9, nous avons sélectionné pour chacun des territoires de l’étude l’image disponible à la date où les températures sont les plus élevées (entre 2022 et 2024). Ces images, à bonne résolution spatiale (30m), permettent d’interpréter précisément les températures sur l’ensemble d’un territoire. Alors, l’objectif a été de calculer la température moyenne de chacun des espaces verts puis de la comparer avec la moyenne des températures de l’environnement proche (600m) et de la commune. Cette différence doit nous permettre d’apprécier le potentiel de rafraichissement de chaque espace vert.
Se protéger de la chaleur c’est aussi pouvoir se mettre à l’ombre, se rafraichir proche d’un plan d’eau. Ainsi, à partir des données COSIA (IGN) nous avons calculé la part de la surface de chacun de ces espaces verts qui sont couverts par des arbres (pour l’ombre), de la végétation basse ou de l’eau. Pour améliorer la caractérisation du potentiel de rafraichissement de ces espaces, il serait intéressant de rajouter des caractéristiques (plan d’eau baignable, point d’eau, vaporisateurs et jeux d’eaux, etc.)
Pour quels territoires ? 22 agglomérations en Bretagne et Pays de la Loire sont couvertes
Fonctionnalités de l’outil. Renseigner au mieux sur les caractéristiques de fraicheur d’un espace vert
Caractériser le potentiel de fraicheur d’un espace vert. Cette qualification s’appuie sur la différence potentielle de température entre l’espace vert et son environnement proche (600m) et sur sa couverture en espaces arborés, en espaces de végétation basse ou en eau.
Une entrée par adresse pour identifier l’espace vert frais le plus proche. Dès qu’une adresse ou une géolocalisation sont renseignées, l’application propose une sélection de lieux à proximité classée par la différence potentielle de température.
Une entrée par QPV pour analyser l’accessibilité aux espaces verts frais. Une fois le QPV choisi, en plus de la sélection de lieux à proximité classée par la différence potentielle de température, une analyse est proposée. Elle met en avant le % du quartier à moins de 600m d’un espace vert avec un potentiel de fraicheur d’au moins -1°C, identifie l’espace vert avec le meilleur potentiel de fraicheur à l’intérieur du QPV et à 600m du QPV.
Note et description sensible du lieu. Afin de s’assurer de la crédibilité du potentiel de rafraichissement calculé, il est proposé aux visiteurs de noter leur ressenti de rafraichissement voire de préciser en commentaire leur appréciation, les équipements présents dans cet espace vert.
Interprétation et analyse exploratoire des résultats
1. la privation de fraîcheur. Des quartiers dépourvus d’espaces verts frais alors que leurs habitants n’ont pas d’espaces extérieurs privatifs
2. L’absence de mise en valeur de la fraîcheur. Des espaces verts particulièrement frais à l’échelle de quartiers mais sous-équipés (pas de bancs, de points d’eaux, de toilettes…) et/ou soumis à d’autres nuisances (circulation…)
3. Une pression sur les espaces frais. Sur certains quartiers, la rareté, la petite taille, ou la forte proximité avec de l’habitat dense d’espaces verts frais pourrait engendrer de situations conflictuelles entre les usagers en quête de fraîcheur (concurrences, nuisances…)
4. A vos idées, remarques pour compléter ces observations !
Pour toutes questions et remarques : maximilien.steindorsson@resovilles.com

